septembre 2020

Mélanie Baillairgé

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Le travail de designer / The work of a designer.

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Désintéressée

Esquisse pour la couverture du roman Comp aux Éditions Quartanier, 2006

Ça c’est la dernière job que j’ai fait en 2006, et je ne l’ai même pas terminée. Me suis effondrée en chemin. Le doute, le temps, la fatigue, le téléphone inquisitateur, l’écran qui esseule, toute toute la gamme des émotions qui refont surface chez nous autres, les travailleurs de la créativité. Je ne parlerai pas de la tare qui encombre les plombiers  : je n’en suis pas un, un plombier. Mais je suis certaine qu’ils ont leur lot de stress. (Vois-tu les tuyaux bouchés toi aussi? C’est si concret. Tiens : je te transferts l’image vers les tuyaux bouchés de la création : plein de moyen caca impalpable).

Voilà donc le tuyau bouché de mon travail créatif en 2006.

Pourtant je me rappelle avoir été très emballée par l’idée et surtout par le processus. J’avais décidé de faire fondre ensemble toutes les pages du manuscrit. Elles étaient annotées de rouge et de bleu : toutes les notes en cours de processus de traduction. Un travail impressionnant qu’avait fait Éric de la Rochelière et sa collègue. Mon intention était de leur céder la place en tant que designer et de faire ressortir leur labeur à travers l’objet : illuminer ce qui est nous est invisible.

Ce qu’on voit ci-haut n’est que le maquette . Elle me permettait d’expliquer le concept à l’éditeur. On y voit le livre en son ensemble comme si les pages étaient transparentes. Toutes les pages ont été envoyées, recto-verso, dans photoshop, empilées les unes sur les autres dans une document si lourd que je pouvais me faire un café entre chaque copié-collé. Au final ce que j’aillais faire c’était de tremper les pages dans un époxyde qui allait me donner la transparence d’une bible laquée au crisco. Puis j’allais photographier le bloc.

Puis j’ai oublié entre temps que j’étais pas mal fatiguée. Puis me suis dit que j’étais une merde.

C’est dommage : avec le recul je crois que cet objet aurait pu me rendre très heureuse.
Mais c’est pas ce que j’avais besoin à ce moment là. Pas de la création. Des vacances, plutôt.

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