juin 2017

Mélanie Baillairgé

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Le travail de designer / The work of a designer.

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WIP d’une gravure

Dans La ligne la plus sombre, d’Alain Farah, il y a une section où la référence littéraire tombe chez Victor Hugo, alors j’ai eu envie de faire un pas dans le temps vers la même époque, évoquer avec les mêmes codes une histoire poussièreuse.

Gustave Doré google-image search.

C’est ce que je fais donc, en ce moment : je grave, grave. Voici des captures d’écran des quelques derniers jours.

 

  1. Le sketche est précis. Parce que je vais tracer directement dessus et je n’ai pas le loisir de prendre des décisions arrivée à l’encrage. Mon écran est trop petit pour bien voir l’ensemble des courbes.

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2. Le tracé. En noir qui virera tantôt au blanc sur quelques plans. Le cerveau la trouve difficile lorsque ça s’inverse parce que le blanc… eh ben ! Ce n’est pas une ombre.

IE : les tracés blancs deviennent des repères pour les arrêtes des surfaces mais devront être effacés en fin de parcours.

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2b. Tracé final. Je vérifie si j’ai laissé des formes inutiles.

J’ai laissé des formes inutiles. Le petit rocher en bas à gauche et quelques vagues ne feront pas le final-cut.

 

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4. Les aplats. Sachant que des blancs et des noirs deviendront des gris équivalents (voir le toit et le mur Est de la maison) et que des blancs et des noirs deviendront des plages en contrastes, je jette les base de la gravure. Comment je sais ça ? Parce que j’étudie des planches de Gustave tous les soirs avant de me coucher depuis des semaines.

 

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5. L’envie d’essayer de la haute voltige : la tranche entre la partie du bras blanc et du bras noir. J’y suis pas encore. C’est pas magique. J’y reviendrai.

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6. Le foutu ciel. À 5 reprises, il est passé de l’orage violent tout en noir aux cumulo nimbus du bonheur estival de moutons blancs, pour finalement laisser plomber la menace à venir au dessus du phare, tout en lignes noires sur blanc.

La furie de la mer s’est décidée en restant là-bas, sous les nuages.

 

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7. La couronne, les cheveux au vent, les rochers et la peau : 4 éléments, 4 variations de lignes. C’est magique.

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Ce que j’ai appris:

Victor Hugo dessinais lui-aussi, et très bien. J’ai pu remarquer avoir eut moi-même une période Victor Hugo alors que je pensais que c’était une période Ralph Steadman.

La maison ci-dessus est un clin d’oeil à ce lavis fait pendant sa retraite à Jersey :

 

 

hugo04_vi

Victor Hugo, Lavis.

 

 

 

essais

Victor Hugo, dessins

 

Ralph Steadman, Fear and Loathing in Las Vegas

Ralph Steadman, Fear and Loathing in Las Vegas

 

Mélanie Baillairgé, circa 2000, époque Steadman-Hugo.

Mélanie Baillairgé, circa 2000, époque Steadman-Hugo.

 

Gustave Doré a illustré des écrits de Victor Hugo, dont Les Travailleurs de la mer. Initialement j’ai pensé m’inspirer des ces planches-là mais ça ne collait pas au texte. J’ai fait un grand détour pour finalement choisir son œuvre de l’Enfer de Dantes qui me fascine et pour laquelle mes yeux n’ont jamais de répis.

 

dantesinferno00_0135_l

Gustave Dorée, L’Enfer de Dantes.

 

Autres détails, autres planches.

Les portes de l’enfer de Dantes.

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