octobre 2020

Mélanie Baillairgé

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Le travail de designer / The work of a designer.

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Du toy en stock

Esquisse d’un VP dev. des affaires pour une agence de pub, 2009

Automne 2009, ça cogne dans le inbox : «Pourriez-vous nous faire ça, un jouet d’un sales rep de vinyl en petite série, numéroté, dans un beau packaging tout en couleurs, avec nos coordonnées en dessous, le site web écrit à quelque part sur lui, un noeud papillon et si possible, un cellulaire, et ah ! Oui, une malette. Si  possible. Pour dans 1 mois. »

Pourquoi pas? Il n’y a pas beaucoup d’occasions pour se mettre la main à une sculpture produite en petite quantité ici, à Montréal. Me préparais à omettre le cellulaire et la malette, question de rester un tantinet artsy.

Mais oui je t’entends; dans un projet il y a 3 variables déterminantes desquelles on ne peut que choisir 2 éléments sans compromettre la livraison : le  budget, le temps et la qualité. Pick only two. Sachant qu’il me faudrait au moins 2 semaines pour sculpter la pièce -entre les autres projets en cours- et que la production des moules, des moulages, la peinture et l’emballage prendrait au moins 6 semaines; il suffit de baisser un peu sur les standards de qualité et obtenir un bon budget pour arriver à livrer.

Pourquoi je n’ai pas de photo à mettre ici? Ben parce que ça coûtait trop cher à produire, pardis !

Il est pas encore né le client qui va trouver que c’est juste assez cher à produire ce genre d’objet promotionnel. Même l’option de vendre les objets produits n’est pas garant d’un succès budgétaire. Ce qui m’a emmené à plusieurs moments de réflexions personnelles cet automne, et à prendre de bien bonnes résolutions. Si une grosse agence avec de bons moyens décide, en bon gestionnaire, de ne pas procéder à la production de ces petits bonshommes de plastique, pourquoi moi, mère monoparentale croulant sous les dettes de feu ma boutique de jouets et qui persiste à croire que ce n’est que partie remise, pourquoi moi je conserverais l’espoir de produire moi-même mes bouts de plastiques – juste par plaisir ? Pourquoi ne songerais-je pas à me faire plaisir ? À m’acheter un chalet ou à prendre des vacances dans le sud avec mes enfants ou encore à investir dans un truck et partir en voyage avec eux à travers le continent ?

La venue de ce pitch a changé pas mal ma vision des choses et m’a fait entamer 2010 avec une nouvelle attitude.

Me laisser le droit de revisiter mes priorités.


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